Méditation pour le 11ème dimanche ordinaire
« Une mission pour chacun de nous…. »
La moisson est abondante et les ouvriers sont si peu nombreux… Voilà une phrase de l'évangile qui reste d'actualité, en ces temps où non seulement les prêtres, mais aussi les laïcs engagés, se font rares. Deux faits marquent la vie de l’Eglise actuellement, d’une part la multiplication des responsabilités de laïcs et d’autre part la diminution du nombre de prêtres et surtout leur vieillissement. Ainsi l’Evangile que nous venons de lire est hautement d’actualité. Tous trop souvent nous nous demandons qu’est-ce qui se passe donc, où sont donc passé tous les fidèles qui assistaient encore il y a une dizaine d’année nos offices ?
Ce que je vous propose, c’est de regarder le Christ réagir et agir devant ces mêmes problèmes il y a deux mille ans. Ne cherchons pas des « recettes » mais des « leviers » c'est-à-dire comment nous-mêmes nous pouvons être utiles, comment nous pouvons être levain dans la pâte et surtout aider à continuer de construire cette nouvelle Eglise où le Christ est la tête et nous les membres.
Jésus est profondément ému, il regarde comme à son habitude, il les observe, il les aime. La prédication de Jésus vient de commencer depuis la Galilée et les gens sont nombreux à venir l’écouter, à le suivre aussi, ils s’accrochent à lui, car pour beaucoup Jésus reste leur seul espoir. Ces foules ont vu que Jésus vient en aide aux plus pauvres, aux malades, aux exclus. Regardons avec le regard de Jésus, il a « pitié » de ces foules abandonnées à leur sort par le roi Hérode, ces foules qui sont méprisées par les autorités religieuses et « abattues » car elles manquent d’espérance. Je m’imagine bien Jésus, déçu, il a la gorge qui se serre, il est pris jusqu’aux entrailles. Il a mal et il sait qu’il faut réagir, qu’il est temps de changer les choses.
Comment ne serions-nous pas émus, secoués au fond du cœur, par toute cette détresse. Regardons autour de nous, il y a des enfants sans repères et sans avenir, des adultes qui n’ont plus de raison de vivre, qui ne voient plus comment se sortir du chômage, de la hausse de la farine, de la viande, des produits vitaux, des femmes et des hommes que l’on écarte, que l’on jette comme un vulgaire chiffon, de certains croyants déçus qui s’éloignent de l’Eglise ?
Face à tous ces problèmes, Jésus nous donne des solutions, il nous redonne espoir et la première mesure d’urgence est de nous dire de nous mettre en prière. « Priez le Père d’envoyer des ouvriers à sa moisson. » Le Christ lui-même a prié toute la nuit avant de choisir les douze. Mais attention, la prière n’est pas un refuge, dans le sens, « j’ai prié, j’ai fait ce qu’il fallait faire, je ne peux rien faire de plus. » La prière donne du courage à faire plus et autre chose. Une dame me disait : « Il faut de jeunes prêtres dans l’Eglise, et moi, je suis prête à les aider en me mettant à leur service. » Oui, nous avons à regarder avec les yeux du Christ, de ne pas sans cesse se lamenter, mais de se mettre au travail, d’appeler des jeunes, de leur dire « Dieu a besoin de toi aussi… »
Après seulement que Jésus eut prié, qu’il choisit douze hommes, simples, qui n’avaient pas de gros diplômes, qui pour la plupart étaient de simples pêcheurs. Jésus leur confie la mission de chaque baptisé, la mission de l’Evangile : « Annoncez à toute la terre la Bonne Nouvelle. »
Pour cela quelques consignes, simples, comme pour nous dire : « Tu y arriveras, je suis avec toi, il te suffit d’aller vers les plus pauvres, de porter la paix, et surtout de donner gratuitement ce que Dieu vous a donné. » Les tâches à réaliser n’ont pas changées en deux millénaires : Guérir, libérer, faire revivre et témoigner de l’amour de Dieu.
Vous avez peur ? Vous ne servez plus à rien ? Oh que si, vous avez encore tant d’amour à donner autour de vous. Car la plus grande arme que vous puissiez offrir aux jeunes, c’est l’amour pour faire tomber les murs et construire des ponts. Qu’attendons-nous pour le faire ?