Méditation pour le dimanche du 5ème dimanche ordinaire
« Sel et Lumière ? … »
« Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde ! » Demandez voir à des malades forcés à un régime sans sel, comment ils font pour avaler des aliments fades et sans saveur ? Il est fort de constater, qu’une simple pincée de sel relève souvent tout un plat. Ainsi les aliments ne sont plus fades et insipides. Une petite lumière aussi, si petite soit-elle peut illuminer toute une pièce ou en guider celles et ceux qui marchent dans le noir.
Lorsque le Christ dit ces fantastiques paroles, il n’a devant lui que des gens sans importance. Il n’a devant lui, que des malades, des boiteux, des aveugles, de pauvres gens venus de partout, l’entendre, le toucher. Mais aussi incroyable que cela puisse paraître, ce sont ces femmes et ces hommes sans importance aux yeux du monde, qui sont appelés à devenir sel et lumière du monde. Imaginez l’impact des disciples de Jésus auprès des autres hommes à qui ils transmettront la Bonne Nouvelle de l’Evangile.
Notre monde est en perte de repères, et nous sommes souvent heureux de rencontrer des personnes qui donnent du goût aux autres, par leur sourire, leur joie de vivre, par l’amour qu’elles dégagent. C’est si beau lorsqu’une infirmière, une aide-soignante, témoignent dans leur engagement de ce que le Christ disait : « ce que vous aurez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères c’est à moi que vous l’aurez fait. »
« Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde ! » Un vieux conte nous rapporte ceci : « Un roi voulait donner sa fortune à un de ses fils, mais avant de la donner à l’un ou à l’autre, il les mit à l’épreuve : Voici 10.000 yens, achetez ce que vous pouvez et remplissez cette pièce du château en trois jour pour avoir ma fortune. Le premier fils au bout d’un jour arriva avec trois charrettes de foin et remplit la pièce. Le roi constata, mais n’était pas emballé. Le second fils se fit attendre et peu avant minuit du troisième jour, vint seulement avec une petite boîte. Le premier fils se réjouit, il allait avoir la fortune. Mais le second fils ouvrit sa petite boîte, sortit une bougie et en alluma la mèche. D’un seul coup, toute la pièce fut remplie de lumière, et ce dans les moindres recoins.
Jésus ne veut-il pas nous dire quelque chose de similaire ? Que rien en nous n’est éteint, que nous soyons malades, embrigadés par les soins, âgés et cantonnés dans une maison de retraite, que notre petite vie rayonne et continue d’illuminer là où nous sommes. C’est bien notre lumière qui éclaire les autres, par notre foi en l’amour.
Jésus a rendu à bien des aveugles la vue : « Fais que je vois… » Et la lumière est venue remplacer les ténèbres qui étaient en lui. Combien de fois, avez-vous déjà été lumière pour telle infirmière qui était venue avec la boule au ventre et lorsque vous lui avez adressé un sourire vous lui avez donné le courage qu’elle n’avait pas ce jour-là ? Combien de fois, c’est vous qui avez remonté le moral à la famille venue vous rendre visite ? « Tu es lumière, tu es sel… » Jésus s’adresse ainsi à chacun de vous personnellement en vous disant : « Tu as du prix aux yeux de Dieu, tu es lumière et sel pour les autres. »
Mère Térésa raconte dans un de ses livres cette histoire : il y avait un très vieux monsieur, ignoré de tous, confiné dans un logis sale et sans dessus-dessous. Il était dans un dénuement total et complètement abandonné. Mère Teresa, lui demanda la permission de nettoyer sa maison, ses vêtements et faire son lit. En nettoyant, elle découvrit une belle lampe couverte de poussière, apparemment non utilisée depuis des années.
Mère Teresa lui demanda : « l’allumeriez-vous si les sœurs venaient vous voir ? » Le vieil homme acquiesça. A partir de ce jour, les religieuses lui rendirent visite chaque soir, et elles allumaient le lampadaire chaque nuit. Deux années passèrent. Mère Teresa reçut un message de cet homme : « Mon amie, la lumière que vous avez allumée dans mon cœur y brille encore. »
Cette lumière allumée avait pris lentement place dans le cœur de cet homme, il était devenu « lumière » lui-même grâce à ces religieuses qui venaient le voir. N’en est-il pas de même lorsqu’on vient vous voir, et que le visage de votre visiteur ou visiteuse rayonne de compassion et de sérénité pour vous transmettre courage, force et espoir ?