Méditation pour le dimanche de la Miséricorde

  

« Le premier jour de la semaine, Jésus vint, et il était là au milieu d'eux »  

 

Le moins que l’on puisse dire, est que les disciples avaient peur car : « ils avaient verrouillé les portes ! » Portes closes, volets fermés, la lumière ne pénètre plus.  

 

La peur ne nous force pas simplement à nous enfermer dans notre maison, mais aussi à s’enfermer dans un mutisme, refusant tout dialogue avec les autres. La maladie à juste titre, provoque souvent cet état de fait. Mais Jean nous dit dans l’Evangile, que le Seigneur leur apparaît et alors tout est différent. Sa présence et ses paroles leur apportent la paix. Aujourd'hui encore, cette paix est synonyme de parole, visite, écoute, prières… Une paix qui fait reprendre courage, de voir la vie autrement.

 

La « paix soit avec vous ! » C’est la salutation de Jésus, mais cela n’y fait rien, les Apôtres sont toujours aussi craintifs, alors il leur montre ses mains, son côté. Jésus se rend compte, que les Apôtres ont du mal à croire, alors il souffle sur eux et leur donne l’Esprit Saint, la force de l’amour, la force de croire.

 

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Jésus nous le redit aujourd’hui. Tant de malades, de personnes âgées ont fait confiance à son amour. Et nous qu’attendons-nous ?  

 

Les disciples de Jésus sont enfermés à double tour. Ils ont peur… Jésus est mort sur la Croix, il semblerait que leur belle aventure avec le Christ soit finie. Et puis, malgré des portes bien verrouillées, Jésus vient et se trouve au milieu d’eux. Les premiers mots du Christ sont alors : « La paix soit avec vous ! » Dans un autre passage, Jésus leur dira : « N’ayez pas peur ! » 

 

Le défunt Pape Jean-Paul II canonisé le dimanche de la Miséricorde par le Pape François avait prononcé lors de son élection en 1978 cette première phrase : « N’ayez pas peur, ouvrez toutes grandes, vos portes au Christ ! » 

 

La maladie, comme la vieillesse, nous plongent souvent dans la peur, la peur du lendemain, du devenir. Pourtant, comme il y a deux mille ans, Jésus est au milieu de nous pour nous aider à dépasser certaines de nos peurs, à déverrouiller certaines portes en nous pour recevoir la plénitude de son amour pour entamer un nouveau chemin de guérison et nous engager au service de nos frères.

 

Marie se savait condamnée, et jusqu’au bout elle a donné à tous autour d’elle, le témoignage d’une confiance et d’une foi vivante en Christ. Ainsi en ouvrant la porte de son cœur, elle a été touchée par l’amour qui l’a renforcé. Alors balayons notre peur, ouvrons les portes aux Christ…

 

« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous… » Ce sont les paroles que Thomas dit spontanément car il ne pouvait croire que Jésus était ressuscité. N'aurions-nous pas fait de même si nous avions été à la place de Thomas ?

Et même aujourd'hui, croyant ou non, en la résurrection de Jésus, comment réagirions-nous à sa place ? Déni total, hésitations ou adhésions ? De plus, à présent, comme lui, nous voulons comprendre, on ne sait souvent plus qui il faut croire, et nous remettons facilement tout en cause, nous supportons mal l'inexplicable même si, dans bien des cas, nous devons affronter des événements que nous ne comprenons pas et que nous ne pouvons accepter comme : le chômage, le divorce, la maladie, ou la mort d'un être cher…

 

A Thomas, Jésus dira « cesse d’être incrédule, sois croyant… » Jésus propose à chacun de nous de mettre sa foi en lui, de lui faire confiance. Croire est un acte de libre adhésion. Nos doutes, sont souvent des « pourquoi » qui nous empêchent de voir plus loin, mais il nous faut accepter de ne pas tout comprendre. Faire confiance, n’est-ce pas aussi chercher sa volonté, à nous laisser conduire par lui ? Et pour nous aider dans cette démarche, Dieu nous demande de croire qu'il nous aime.  Découvrir l'amour de Dieu pour nous, c’est bien de savoir qu’il est là tout près dans nos souffrances, dans nos luttes, dans notre vieillesse.