Méditation pour le 15ème dimanche ordinaire

« Jamais s'arrêter de semer… » 
Semer… Ce verbe, nous l’employons souvent lorsque nous parlons de ce que nous avons fait dans notre vie. Ainsi Marie, une veuve, au bout de sa vie, se plaignait sur son lit de souffrances qu’elle n’avait rien fait de sa vie, qu’elle n’avait rien semé de bon. Ainsi en lisant la parabole du semeur nous découvrons que les graines semées ne sont pas toutes tombées dans la bonne terre mais ça et là. Par exemple elles sont tombées au bord du chemin ou dans de la pierraille, dans peu de terre ou dans les ronces, mais aussi dans de la bonne terre. Ainsi en est-il dans notre vie. Comme le semeur, nous avons aussi semé de bonnes graines, avec amour, dans une même intention et toutes n’ont pas prises comme nous l’espérions…
On peut donner plusieurs sens à la parabole, et Jésus nous laisse le soin de les découvrir. Un peu plus tard, Jésus expliquera à ses disciples en aparté un premier sens, en leur révélant que le semeur c’est Dieu qui sème la bonne parole (les graines) et que les différentes terres sont nos cœurs.
Dieu nous montre que l’important dans toute vie, est de semer, et de ne pas se poser de question. Marie, notre veuve pensait n’avoir rien semé de bon, pourtant elle avait un fils qui venait la voir tous les jours, pour l’aider à manger et cela malgré son travail. A travers ce fils, on peut voir les fruits de ce que Marie a semé. Toute sa vie elle aura semé, l’amour et le respect. Ce n’était pas rien… Et nous ? Avons-nous semé à la manière de Dieu ?  
« Voici que le semeur est sorti pour semer » nous dit St Matthieu dans l’évangile. De nos jours les semeurs, ne courent plus les champs de nos villages, puisque les machines sèment mieux, plus vite et plus rationnellement. Alors qui est donc ce semeur, qui sème à tous vents, et qu’un vrai paysan qualifierait de mauvais, de très mauvais semeur ?
Sa façon de semer ne sera pas citée en exemple dans les grandes écoles. Certes, il sème à pleine volée, avec des gestes larges et amples, des graines qu’il a certainement triées en choisissant les plus résistantes, les plus belles, celles qui lui donneraient certainement un rendement optimal. Mais l’image de ce semeur est celle de Jésus, ce Jésus qui devient lui-même semence comme le dit St Jean : « Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul, mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits. »
Nous sommes en été. Les champs produisent à fond : maïs, blé, orge, avoine, trèfle... sans compter les légumes de nos potagers... La semence est tombée dans la bonne terre et elle a produit. Jésus souhaite aussi que la Parole de Dieu tombe dans les cœurs comme dans une bonne terre. Il nous arrive comme malade, ou comme personne âgée, à penser à tout ce qui a été semé au cours de la vie. Aussi, lors de visites, n’hésitons pas à remercier Dieu, pour ces graines d’amour semées et qui ont produit en nos enfants, petits-enfants des fruits de joie, paix, respect, amour…
Peut-être que du fond de notre lit de malade, nous repensons en relisant le texte du semeur à ces immenses champs de blés qui bordent nos routes. Des grains semés, qui ont subi toutes sortes de dégradations : dévorés par des corneilles, brûlés par le soleil, étouffés par les ronces… Qui sème donc sur les routes, les endroits pierreux, dans les ronces, sans se soucier ? Oui, c’est bien Dieu, et seul Dieu.
Chacun d’entre nous, et à certains moments de notre vie, nous sommes l’un ou l’autre des terrains mentionnés dans la parabole. Il y a d’abord la semence qui tombe sur le bord du chemin. Ceci représente les occasions où trop de choses prennent toute la place dans notre vie et risquent d’étouffer notre foi. Il y a les terrains rocailleux qui rendent notre foi superficielle et éphémère. Il y a aussi les terrains avec des épines. La foi est alors étouffée par les soucis du monde. 
Peut-être cherchons-nous un remède ? Une chose est sûre : Il faut nettoyer, faire de l’espace au fond de nous-mêmes pour recevoir Jésus, pour que nos oreilles entendent, pour que nos yeux voient et que nos cœurs comprennent. Cette parabole est avant tout une invitation à espérer, que malgré les obstacles, ce qui est semé, portera du fruit…