Méditation pour le dimanche du 2ème dimanche ordinaire

  

« C'est l'Agneau de Dieu... »

 

Il nous arrive de dire de quelqu'un qu'on ne le connaissait pas « ainsi » ; dans certaines circonstances, nous manifestons alors de la déception ou de la colère ; en d'autres occasions, nous exprimons de l'ébahissement, de l'admiration, une surprise agréable comme Jean-Baptiste quand il affirmait ne pas connaître « ainsi » Jésus, son cousin.

 

Le moment de leur rencontre au baptême l'a amené à réaliser qu'il ne le connaissait pas au plus profond de son être et à professer avec dynamisme : « Voici l'agneau de Dieu ». Le vrai ! Pour les auditeurs de Jean-Baptiste, comme d'ailleurs pour les lecteurs de l'Évangile de Jean, l'agneau constitue une image biblique bien connu symbolisant plusieurs réalités.

 

L’Agneau de Dieu… Par exemple, l'agneau immolé avant la sortie d'Égypte fait penser à libération de l’esclavage ; l'agneau transformé en bélier vainqueur évoque « la revanche des pauvres et des petits sur les puissants » ou, en d'autres mots, la justice fondée davantage sur l'être de la personne que sur son apparence extérieure ; l'agneau conduit à l'abattoir dont parle Isaïe, image rapidement associée par les premiers chrétiens à la mort de Jésus, exprime le salut qui vainc toute forme de souffrance ou de mort. Alors, quand Jean-Baptiste proclame : « Voici l'Agneau de Dieu », il annonce : « Voici, celui qui vient libérer les gens de toute forme d'esclavage, qui apporte une force intérieure inébranlable, qui met en valeur la bonté fondamentale de toute personne et qui fait de la souffrance et de la mort, des chemins de vie ».

 

Voici l’Agneau de Dieu… Jean-Baptiste rend témoignage à Jésus : il manifeste sa foi au Fils de Dieu fait homme ! L'Eglise, après lui, rend aussi témoignage au Sauveur des hommes : elle manifeste sa foi en la présence réelle du Fils de Dieu dans l'Eucharistie ! « Voici l'Agneau de Dieu ! » dit Jean-Baptiste en montrant cet homme qui s'appelle Jésus. « Voici l'Agneau de Dieu ! » dit l'Église en montrant le pain et le vin consacrés au Corps et au Sang du Christ. Croire et témoigner : voilà ce que Dieu attend de nous, Chrétiens ! Mais quel plus beau témoignage pouvons-nous offrir à Dieu sinon celui de l’amour, de la justice et de la fraternité ? 

 

Communier à l’Agneau de Dieu… Peut-être aurons-nous la « grâce » de pouvoir communier au « Corps du Christ » lorsque l’aumônier passe dans les chambres de l'EHPAD et de médecine, ce sera un moment privilégié pour reconnaître Celui que Jean-Baptiste a désigné comme « l’Agneau de Dieu ! » C’est Lui qui s’est mis en route pour nous rejoindre dans nos maladies, dans notre vieillesse. Alors sachons nous reconnaître humble pécheur et disons : « Seigneur je ne suis pas digne de te recevoir… »

 

Pourtant est-ce que j’ose, en tant que chrétien, être témoin de ma foi dans le Christ comme Jean-Baptiste ? Jean s’est dépassé, oublié toute sa vie pour rendre témoignage à la vérité. En répondant pleinement à sa vocation, il est devenu un homme nouveau, vivant de Dieu. Le monde d’aujourd’hui a plus que jamais besoin de Jean-Baptiste, dans les collèges, lycées, à la fac, à la maison, au travail, pour annoncer que la vie n’a un sens que si elle est pleine de Dieu !

 

Jean Baptiste voyant Jésus venir vers lui, dit à ses disciples : « Voici l’agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde. » Le mot grec qui est traduit par « enlève » signifie au départ « soulever ». On peut donc en fait le traduire soit par porter, prendre sur soi, prendre sur ses épaules, soit par emporter, ôter, donc faire disparaître, enlever.

 

Jésus prend sur lui les péchés du monde. La nouvelle traduction du Missel Romains, ne nous dit plus : enlève le péché du monde, mais les péchés du monde, allusion faite à cette accumulation de violences, d’orgueil, de fautes, de toutes sortes qui ont assombri l’humanité depuis ses origines. Jésus se charge de ces péchés du monde, de ce « monde de péchés ». 

 

Jésus enlève les péchés du monde : en un sens, il le fait disparaître de la vue du Père qui, désormais, voit les humains à travers son Fils bien-aimé. Mais « ôter les péchés » se traduit aussi pour nous par un réel changement : par le don de l’Esprit nous sommes rendus capables d’aimer le Seigneur et de devenir actifs dans la communauté de ceux et de celles qui luttent contre le mal et le malheur des hommes.

Mais c’est au terme seulement que les péchés de monde seront définitivement anéantis, lorsque Dieu, sera enfin « tout en tous ».