Méditation pour le 5ème dimanche de Carême
« Si tu avais été là… »
Quand la mort ne nous touche pas directement, on se surprend à dire : « c’était son heure, il a fait son temps, Dieu a fait un bon choix. » Par contre, dès que quelqu'un de proche vient à mourir, nous avons des réactions fortes, voire violentes, nous avons mal et on voudrait comprendre. Alors on cherche qu’est-ce qui a bien pu causer cette mort ! La boisson, la pollution, la nourriture, le mode de vie, mais dans tous les cas, on se retourne très souvent vers Dieu pour lui dire « qu’il est injuste, qu’il n’avait pas le droit, que le défunt était encore trop jeune… »
Marthe, puis Marie, font aussi à Jésus ce genre de remarques à Jésus quand il arrive en retard à Béthanie : « Si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. » Autrement dit : « Dieu, qu'est-ce que tu fais ? J'ai prié, j'ai demandé la guérison de mon mari, de ma femme et tu n'as rien fait, tu n'as pas bougé ! » « Est-ce qu’il y a encore un Dieu » entendons-nous dire alors !
Mais moi, je crois en un Dieu qui aime. Le Dieu de Jésus Christ est celui qui pleure la mort de ses amis. Comme Jésus a pleuré Lazare, Dieu pleure aujourd'hui chaque fois que quelqu'un meurt. Il pleurera le jour de ma mort. Il sera aux côtés de la famille qui restera dans la peine à pleurer comme Marthe et Marie, je n’en doute pas. Et toi ?
L’Evangile d’aujourd’hui se passe après la mort de Lazare, entre Marthe, Marie et Jésus. Jésus rappelle à Marthe qu'il est la Résurrection et la Vie, Parole forte et pleine d'espérance, Parole qui nous invite à dépasser nos peurs de la mort. Notre avenir est en lui. Jésus ne fuit pas devant la mort ; là où il n'y a plus d'issue, il ouvre un chemin de vie.
Lorsque l'épreuve survient, il nous arrive aussi de croire que Dieu est absent ou qu'il arrive trop tard. A quoi bon alors de croire en Dieu s'il n'a pas les moyens de nous épargner les cris de souffrances ni les larmes du deuil. Mais malgré la mort Dieu reste proche. Mettre notre foi en Jésus Christ ne revient pas à gommer la réalité toujours crucifiante de la mort biologique mais à proclamer que l'amour est plus fort que la mort, que l’amour ne meurt pas.
En vérité, Jésus parle de la vie divine. Croire, nous introduit à une vie autre, car la vie promise en Jésus ressuscité n'est pas seulement pour plus tard. Dès aujourd'hui Jésus met en nous la puissance de sa résurrection. Saurons-nous faire le deuil de tous les liens qui nous entravent : toutes ces peurs, ces envies, jalousies, désespoirs, indifférences ? Pour lui faire confiance, car n’est-il pas le Maître de la vie ?
Cette nonagénaire allait mourir, et son fils était là à son chevet en pleurant. « Elle est âgée, et mon cœur est triste, car elle va partir, moi qui l’aime tant. » La tristesse, Marthe et Marie les sœurs de Lazare l’ont connue aussi. Alors elles pensent à leur ami Jésus, qui était un ami de la famille. Lui qui a guéri tant de personnes, guérira aussi Lazare malade, malade à en mourir. Pourtant, Jésus tarde à venir et Lazare meurt. Tout est fini…
C’est souvent ce que nous vivons aujourd’hui, lorsqu’un mari, une épouse, des parents entrent à l’hôpital et que la médecine ne leur donne plus guère d’espoir. On prie pour eux et rien ne se passe, que fait Dieu, n’entend-t-il pas nos cris ?
Marthe se montre une femme de foi, elle reconnaît le pouvoir de Dieu et de Jésus sur la mort « Je sais que, maintenant encore Dieu, t’accordera tout ce que tu lui demanderas. » Marie quant à, elle reste effondrée, abattue.
A nous qui sommes souvent dans la même situation, Jésus dit aussi : « Moi je suis la Résurrection et la Vie, qui croit en moi ne mourra jamais ! » « Aimer quelqu'un, c'est lui dire tu ne mourras pas » si nous le croyons, nous croirons aussi que Dieu sera là pour le Ressusciter.